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Communication municipale : comment faire plus quand on est seul(e) au service com

37 % des petites collectivités n'ont qu'un seul agent en communication. Portrait-robot du communicant public débordé et solutions pour gagner du temps.

85 % des communes de 2 000 à 20 000 habitants disposent d'un service communication identifié. Mais dans 37 % des cas, ce service, c'est une seule personne (Cap'Com/Occurrence 2021). Une seule personne pour gérer le site internet, le bulletin municipal, les réseaux sociaux, l'affichage, les relations presse et l'événementiel. Une seule personne à qui l'on demande simultanément de moderniser la communication sans augmenter les budgets, de passer au numérique sans formation supplémentaire, et de produire plus de contenu avec les mêmes ressources.

Cet article est le portrait d'un quotidien que nombreux responsables communication de petites collectivités reconnaissent immédiatement, et une réflexion sur les leviers qui existent pour en sortir.

Le portrait-robot du communicant de petite collectivité

L'étude Cap'Com/Occurrence 2021 dresse un tableau précis de la réalité des services communication dans les communes de 2 000 à 20 000 habitants. 85 % de ces communes ont un service communication identifié ; dans les communautés de communes, ce chiffre monte à 90 %. Mais la composition de ces services est révélatrice : 63 % comptent deux personnes, 37 % une seule.

Qui sont ces agents ? 40 % ont une formation initiale de niveau bac+5 en communication, un niveau d'études qui, dans le secteur privé, correspondrait à des missions de direction de communication ou de stratégie de marque. Dans les collectivités, il correspond souvent à une fonction de couteau suisse opérationnel.

42 % sont directement rattachés à un élu, le plus souvent le maire ou un adjoint chargé de la communication.

Dans les communes qui ne disposent pas d'agent dédié (une réalité encore fréquente dans les plus petites), la charge est assumée par le maire lui-même, un adjoint ou un conseiller municipal dans 80 % des cas. Ce sont donc des élus qui, en plus de leurs mandats, gèrent le site internet, rédigent les articles et administrent les comptes sur les réseaux sociaux.

Côté budgets : 28 % des collectivités disposent de moins de 10 000 € par an pour la communication, et le budget médian est inférieur à 30 000 € pour la moitié des communes, dont une part substantielle est absorbée par le seul bulletin papier. Un tiers ne fait jamais appel à un prestataire externe, faute de ressources disponibles.

Les missions qui s'empilent

La particularité du communicant public de petite collectivité, c'est l'étendue de son périmètre. Plus de 50 % des petites collectivités utilisent un panel d'outils comprenant simultanément un site internet, un bulletin papier, des réseaux sociaux, un système d'affichage et une présence événementielle (Cap'Com 2021). Chacun de ces canaux exige une alimentation régulière en contenu.

Le numérique a profondément alourdi la charge. Les pages et comptes officiels des collectivités sur les réseaux sociaux sont passés de 25 % d'utilisation en 2013 à 58 % en 2024 (Baromètre Epiceum/Harris Interactive 2024). Ce doublement s'est produit sans que les effectifs suivent : personne n'a recruté un community manager supplémentaire pour gérer Facebook, Instagram ou LinkedIn. C'est l'agent de communication déjà en poste qui a absorbé ces nouvelles missions.

76 % des communicants de collectivités estiment que la communication va prendre une place plus importante dans les années à venir (Cap'Com 2021). Mais les budgets ne suivent pas : selon une enquête Cap'Com/AMF, trois maires sur quatre considèrent que la communication doit se développer sans augmentation budgétaire. L'injonction est clairement posée : faire plus, avec moins.

Les outils du marché : pourquoi ils ne suffisent pas

Face à cette réalité, le marché propose plusieurs solutions. PanneauPocket équipe plus de 13 500 collectivités avec un système de notifications push et d'affichage numérique. IntraMuros revendique 8 000 communes utilisatrices avec une application mobile combinant actualités, agenda et démarches. Ces outils ont le mérite d'exister et de fonctionner.

Mais ils partagent un point commun fondamental : tout le contenu doit être saisi manuellement. PanneauPocket permet de diffuser une information, mais l'agent doit la saisir. IntraMuros diffuse sur une application, mais l'agent doit alimenter chaque rubrique.

Les plateformes d'emailing généralistes (Brevo, Mailjet) permettent d'envoyer des newsletters professionnelles, mais elles supposent une rédaction complète de chaque email, une maîtrise technique et un investissement en temps que les petites collectivités n'ont tout simplement pas.

Le résultat : ces outils sont adoptés dans les collectivités qui ont la capacité humaine de les alimenter, et délaissés dans celles qui en auraient pourtant le plus besoin.

L'automatisation comme réponse à l'injonction contradictoire

Le vrai levier pour le communicant surchargé n'est pas un outil supplémentaire à alimenter. C'est un outil qui travaille à sa place sur les tâches répétitives, pour lui laisser du temps sur les missions à valeur ajoutée : la relation avec les élus, la couverture des événements locaux, la stratégie éditoriale.

Dans le cas de la newsletter (le canal que 43 % des Français réclament à leur commune, selon le Baromètre Epiceum 2024), la tâche répétitive par excellence est la collecte et la mise en forme de l'information existante. Votre commune publie déjà des informations sur son site internet, dans ses arrêtés, sur ses réseaux sociaux. Ces informations existent. L'étape qui manque, c'est la transformation automatique de cette matière première en newsletter prête à envoyer.

C'est précisément ce que permet l'agrégation automatique des sources : supprimer l'étape la plus chronophage du processus (la collecte et la mise en forme) pour ne laisser à l'agent ou à l'élu que la validation éditoriale finale. Le communicant reste maître du contenu, mais il n'en est plus l'esclave.

Conclusion

La situation du communicant de petite collectivité est connue et documentée. Ce n'est pas un manque de compétences ou de volonté qui empêche les communes de développer une communication numérique ambitieuse. C'est un problème structurel de ressources. Les solutions qui répondent à ce problème sont celles qui réduisent la charge, pas celles qui l'ajoutent.

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